LA FACC SE TRANSFORME
Une gouvernance renouvelée au service de l’action culturelle cinématographique. Adoptée à la quasi-unanimité lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 6 octobre 2025, la réforme statutaire de la FACC marque un tournant dans l’histoire de la fédération. Retour sur les grandes évolutions qui dessinent le visage d’une organisation plus représentative, plus ouverte et résolument tournée vers les territoires.
Une fédération qui grandit et s’adapte
Cinq ans après sa création en novembre 2020, la Fédération de l’action culturelle cinématographique a engagé une refonte en profondeur de ses statuts. L’enjeu ? Se doter d’un cadre de gouvernance à la hauteur de ses ambitions et de la diversité croissante de ses membres.
« Cette réforme poursuit un double objectif », à rappelé Amélie Chatellier, Déléguée générale de l’Agence du Court Métrage et Présidente de la FACC au cours de l’AGE : « renforcer la légitimité et la représentativité de la FACC, tout en donnant de la souplesse et de la lisibilité à notre fonctionnement. »
Le 6 octobre dernier, réunis en visioconférence, 35 adhérents sur 39 à jour de cotisation ont adopté cette évolution statutaire – une seule abstention, preuve d’un large consensus au sein de la fédération.
Les quatre piliers de la réforme
1. Des collèges pour reconnaître la diversité des acteurs
C’est sans doute l’évolution la plus structurante : les membres de la FACC sont désormais rattachés à l’un des quatre collèges de représentation, selon leur échelle d’action et la nature de leurs missions :
- Collège national : fédérations, syndicats, réseaux professionnels agissant à l’échelle du pays.
- Collège territorial : agences, pôles, circuits itinérants, grands festivals opérant à l’échelle régionale ou départementale.
- Collège de proximité : salles de cinéma, associations culturelles, festivals de territoire, projets de quartier – toutes ces structures qui incarnent la vitalité de l’action culturelle au plus près des habitants.
- Collège individuel : chercheur·es, critiques, auteur·ices, formateur·ices qui contribuent par leur expertise à la dynamique collective.
2. Un Conseil national élargi et plus représentatif
Le Conseil d’administration devient Conseil national – une dénomination qui souligne son rôle stratégique et représentatif. Sa composition est élargie à 15-24 membres, avec une garantie essentielle : chaque collège dispose d’au moins un siège.
Le Conseil national voit également ses attributions précisées : validation des prises de position publiques, suivi des groupes de travail, création d’une Commission de régulation et de conciliation pour traiter les éventuels litiges ou signalements éthiques.
3. L’ancrage territorial réaffirmé
Le préambule des statuts s’enrichit d’une affirmation forte : « La FACC est territoriale dans son ancrage et sa philosophie. Elle agit pour une décentralisation active de l’action culturelle cinématographique, en valorisant les réalités locales, les coopérations régionales et les initiatives collectives. »
Cette dimension territoriale se traduit concrètement par la création du collège de proximité, mais aussi par la possibilité de structurer des espaces de coopération territoriale et de désigner des référent·es thématiques ou géographiques. L’objectif affiché est clair : aller à la rencontre des acteurs sur le terrain, organiser des réunions régionales, faire remonter les préoccupations locales vers les instances nationales.
Une définition élargie de l’action culturelle cinématographique
Le préambule des nouveaux statuts élargit également le périmètre de ce qui constitue l’action culturelle cinématographique. Aux missions historiques de diffusion culturelle et d’éducation aux images s’ajoutent désormais explicitement la création, la recherche et développement, la critique et les nouvelles formes d’écriture.
Une évolution qui reflète la diversité des membres actuels et ouvre la porte à de nouvelles collaborations.
4. Et maintenant ?
Une période de transition s’ouvre, avec plusieurs échéances à venir :
- Premier trimestre 2026 : tenue de l’Assemblée générale ordinaire qui élira officiellement le premier Conseil national.
- 2026 : adoption du règlement intérieur par le Conseil national.
- D’ici là : poursuite de la campagne d’adhésion avec un objectif ambitieux d’adhésions de structures et acteurs individuels.
- Des rencontres régionales sont également projetées au cours de l’année 2026 lafin de présenter la nouvelle organisation et recueillir les attentes des adhérents actuels et futurs.
- Quatre groupes de travail lancés.
En parallèle de la réforme statutaire, l’AGE a acté la relance de groupes de travail ouverts à tous les adhérents :
- Liberté de diffusion, de programmation et de diversité culturelle – pour défendre la programmation contre la censure et l’autocensure.
- Financements, réductions budgétaires et solutions de trésorerie – face aux contraintes budgétaires et aux retards de paiement des subventions.
- Questions sociales – VHSS, intermittence, conventions collectives et rémunération et statut des intervenants – un enjeu transversal majeur pour l’éducation artistique et culturelle.
- Éducation aux images – à l’occasion du lancement du plan ECI par le CNC à la suite des mesures « ma classe au cinéma » annoncées fin 2025 par les ministres de la Culture et de l’Éducation nationale.
« Participer peut signifier répondre à des questionnaires rapides ou transmettre des informations, sans nécessiter une présence constante aux réunions », a rappelé la coordination. Chaque adhérent est invité à rejoindre un ou plusieurs groupes selon ses disponibilités et ses préoccupations.
