Premier panorama des pôles régionaux : l’observatoire de l’action culturelle cinématographique prend forme
Depuis fin 2025, la FACC a engagé, en partenariat avec le CNC, un travail d’observation du secteur de l’action culturelle cinématographique, avec l’ambition de mieux le défendre, le représenter et contribuer à renforcer les politiques publiques qui y sont attachées. Le panorama national des pôles régionaux d’éducation aux images, publié en mars 2026, en constitue le premier volet concret.
Un secteur fragmenté, des dynamiques et des fragilités largement sous-documentées, des politiques publiques en attente d’une observation empirique pour se piloter à partir du réel.
Des enjeux de société qui appellent des référentiels communs
Dans un monde saturé d’images et d’immédiateté, où la prolifération des écrans redéfinit en profondeur les pratiques culturelles des jeunes générations, où la concentration des acteurs audiovisuels pèse sur la diversité des récits et des formes, où les inégalités d’accès aux œuvres restent structurelles sur le territoire, les politiques publiques du cinéma et de l’audiovisuel sont confrontées à des enjeux qui dépassent largement la gestion des dispositifs existants.
Mesurer l’impact réel des actions d’éducation aux images sur la formation des regards, cartographier la diffusion culturelle dans toute sa diversité (des salles Art et Essai aux circuits itinérants, des festivals aux actions hors les murs), identifier les fragilités des modèles économiques, rendre compte de ce que produisent pour les territoires des milliers de professionnels dont le travail reste trop souvent invisible dans les arbitrages publics, tout cela suppose qu’on se dote d’outils communs pour désigner les acteurs, cartographier leurs missions et évaluer la réalité de l’action publique dans ce champ. La FACC entreprend ce travail avec la structuration de l’Observatoire national et territorial de l’action culturelle cinématographique et audiovisuelle.
Le panorama des pôles : un premier volet
Le premier panorama national des pôles régionaux d’éducation aux images 2024-2025, élaboré avec l’appui méthodologique de la FACC, documente pour la première fois à l’échelle nationale l’activité de 17 structures implantées dans 10 régions.
550 000 bénéficiaires annuels, 4 300 partenaires mobilisés, autant d’interventions impliquant 3 000 artistes et professionnels, 400 journées de formation.
Ces indicateurs donnent à voir un modèle d’action publique décentralisée dont la cohérence repose sur une fonction d’interface entre l’Éducation nationale, le secteur culturel et les collectivités territoriales, une fonction structurellement décisive et largement sous-documentée.
Une méthode : progressive et coopérative
L’observatoire est conçu comme un chantier évolutif, structuré en quatre phases : élaboration du cadre méthodologique et des référentiels communs, enquête qualitative auprès d’acteurs représentatifs, enquête quantitative nationale, publication d’un premier panorama d’ensemble.
D’ici juillet 2026, les travaux porteront sur des questions essentielles et encore ouvertes : comment nommer les actions de ce champ, quels indicateurs retenir, comment construire des référentiels partagés qui tiennent compte de la diversité des structures et des territoires.
Avant de collecter les données, poser les bonnes questions. Condition d’une observation utile plutôt que d’un catalogue.
Sa gouvernance associe, sur un principe de co-construction, les réseaux professionnels du secteur, des experts, des représentants des institutions publiques et des collectivités territoriales. Un comité de suivi et un comité technique, scientifique et culturel sont en cours d’élaboration, et des échanges sont engagés avec plusieurs partenaires institutionnels pour construire une démarche partagée.
Ce que l’observation rend possible
À terme, l’observatoire devra documenter ce que le secteur produit concrètement pour la société, repérer les fragilités structurelles tout en donnant aux acteurs les moyens de porter leur action dans les espaces de concertation à partir de données étayées.
Il doit permettre aussi à la FACC de jouer un rôle d’alerte collective sur les signaux faibles que les structures ne peuvent exprimer publiquement sans risquer de compromettre leurs relations avec leurs financeurs : coupes budgétaires locales, retards de paiement, effritement des cofinancements croisés.
À l’heure où les politiques d’éducation aux images font l’objet d’un plan national, où les conventions État-CNC-Régions sont en cours de renégociation et où les financements publics se contractent dans de nombreux territoires, disposer d’une connaissance documentée et partagée de ce que ce secteur fait et rend possible dépasse l’exercice statistique.
Pour tous ceux qui, à l’échelle nationale comme territoriale, ont intérêt à ce que les politiques culturelles du cinéma se pilotent à partir du réel, cet observatoire vise à constituer une ressource partagée de l’écosystème.
