EN 2026, TENIR LE CAP

Le monde accélère, les images prolifèrent, les regards se dispersent. L’action culturelle cinématographique prend le parti inverse : ralentir, coopérer, relier. Faire du cinéma un espace où l’on apprend ensemble à voir — et à se voir.

Depuis sa création en 2020, la FACC s’engage en faveur d’une action culturelle à la hauteur des enjeux artistiques, éducatifs, démocratiques que notre époque impose. Le cinéma comme art de montrer les images et leur pouvoir d’émancipation. Leur capacité à faire lien, à former le regard, à nourrir la pensée critique. Leur force de résistance au flux, à l’oubli, à l’indifférence. Un art qui oblige à voir, à regarder, à penser ensemble. Rencontrer, partager, transmettre : au quotidien, ce sont ces gestes d’accompagnement autour du cinéma que portent les membres de la fédération.

En 2025, nous avons poursuivi notre développement et renforcé notre organisation pour mieux représenter la diversité de nos membres. Nous avons porté la voix des acteurs de terrain dans la concertation nationale sur l’éducation aux images, en rappelant que l’écosystème qui fait la force de cette politique repose sur la diversité de ses acteurs, leur indépendance et leur ancrage local. Nous avons défendu, face aux ingérences politiques, le principe fondamental de la liberté de diffusion des œuvres. Nous avons continué à dialoguer avec les parties prenantes publiques, car une politique culturelle n’est garantie que par la continuité des espaces de coopération qui la fondent. Sans eux, l’action publique perd son ancrage et son sens.

En 2026, il nous faudra rester vigilants. Une vigilance pour défendre la diversité, l’indépendance et l’exigence. Une vigilance pour parer les attaques qui se multiplient — budgétaires, idéologiques, institutionnelles. Car elles visent un modèle patiemment construit depuis l’après-guerre. Un modèle singulier, qui fait de la France l’un des rares pays où les films nationaux tiennent tête aux productions américaines, où la diversité des récits n’est pas sacrifiée à la seule logique de rentabilité, où l’excellence artistique coexiste avec un accès populaire aux œuvres.

Ce modèle, c’est concrètement plus de 6 300 écrans sur tout le territoire. Plus de 6 300 lieux où l’on peut lever les yeux ensemble, regarder le monde bien en face — et sortir du repli sur soi qu’impose le petit écran. Car la salle de cinéma n’est pas un mode de consommation parmi d’autres : c’est un espace collectif, intergénérationnel, démocratique.

Fragiliser ce modèle, c’est menacer les salles, les festivals, les circuits itinérants, les coordinations territoriales, les associations qui inventent de nouvelles formes de médiation. C’est menacer celles et ceux qui sont au cœur de la fabrique des films. C’est menacer tout ce qui fait que le cinéma n’est pas seulement une industrie, mais une culture vivante, ancrée, partagée. Au sein de cet écosystème, la FACC regroupe un réseau dense d’initiatives à l’échelle nationale. C’est cette diversité que nous représentons. C’est cette diversité qui fait notre force collective.

À toutes et tous, nous adressons nos vœux les plus chaleureux. Que 2026 soit l’année de la vigilance, de la coopération et du regard partagé.

La fédération de l’action culturelle cinématographique