LIBERTÉ DE CRÉATION ET DE PROGRAMMATION : L’AFFAIRE DE TOUTES ET TOUS

La FACC cosigne un appel de toute la filière cinéma. Face à la multiplication des ingérences politiques dans la programmation des salles de cinéma, les organisations professionnelles du secteur ont publié le 17 décembre 2025 un communiqué commun pour réaffirmer un principe fondamental : la liberté de diffusion des œuvres n’est pas négociable

Ces dernières semaines, plusieurs affaires ont mis en lumière une tendance préoccupante : des élus locaux, de différents bords politiques, qui s’arrogent le droit de décider ce que les spectateurs peuvent – ou ne peuvent pas – voir dans les cinémas de leur commune.

Un principe bafoué par ceux qui devraient le garantir

Face à ces atteintes répétées, la FACC s’est associée à l’ensemble des organisations de la filière cinématographique pour rappeler une évidence juridique : il n’appartient pas aux élus de décider de la programmation d’une salle de cinéma, y compris lorsque l’établissement relève de la tutelle d’une collectivité territoriale.

La loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine est sans ambiguïté : « La diffusion de la création artistique est libre » et « l’État, les collectivités territoriales et leurs groupements ainsi que leurs établissements publics veillent au respect de la liberté de programmation artistique. »

Seule une juridiction, dans un cadre très précis prévu par la loi, peut éventuellement prononcer une déprogrammation.

Au-delà des œuvres, un enjeu démocratique

Le communiqué prend soin de ne pas mettre en parallèle les films concernés par ces affaires. Ce n’est pas le sujet. Ce qui est en jeu, c’est le principe même de la liberté de diffusion, indépendamment du contenu des œuvres ou des sensibilités politiques de ceux qui voudraient en restreindre l’accès.

« D’où qu’elle vienne, une ingérence du personnel politique et des élus dans la programmation d’un cinéma revient à soumettre les arts et la culture à un point de vue partisan », souligne le texte.

Les signataires y voient une menace directe pour la démocratie elle-même : C’est en dévoilant la façon dont ces projets s’opposent à la démocratie parce qu’ils en foulent au pied les principes fondamentaux de pluralité et de tolérance, qu’on mettra au jour la brutalité des idéologues qui entendent dérober à l’ensemble de la communauté des citoyens l’un de ses biens les plus précieux : les libertés de création et de diffusion des œuvres.

Un engagement collectif

En cosignant ce communiqué aux côtés de l’ensemble de la filière – producteurs, distributeurs, exploitants, réalisateurs, auteurs –, la FACC réaffirme l’un des combats au cœur de son action : défendre les conditions d’une diffusion culturelle libre et pluraliste sur l’ensemble du territoire.

Car ce sont bien les acteurs de terrain, programmateurs et médiatrices culturelles, animateurs de ciné-clubs et responsables de salles municipales, qui font vivre au quotidien cette liberté de plus en plus menacée.

La création du groupe de travail « Liberté de diffusion, de programmation et de diversité culturelle », acté lors de notre dernière Assemblée générale, prend ici tout son sens. Face aux pressions croissantes, l’heure est à la vigilance collective et à la solidarité entre tous les acteurs de l’action culturelle cinématographique.